Comment un chef d’entreprise chrétien du XIXe siècle a expérimenté la participation des ouvriers, le sursalaire familial et une nouvelle conception de la responsabilité patronale. L’ouvrage d’Eric Saucourt-Harmel primé par l’AES vous emmène au cœur de la naissance de la doctrine sociale de l’Église.
En faisant revivre la figure de Léon Harmel, Émeric Saucourt-Harmel nous fait découvrir bien davantage que le parcours d’un grand industriel chrétien du XIXe siècle : il montre comment une conviction peut se traduire en initiatives capables de transformer les relations dans l’entreprise et dans la société.
Publié aux éditions Salvator, Léon Harmel (1829-1915), L’origine catholique de la paix sociale dans le monde contemporain est l’œuvre d’un descendant de Léon Harmel. À partir notamment d’archives familiales, il retrace une vie dans laquelle foi, responsabilité professionnelle, vie familiale et engagement social sont profondément liés.


Un chef d’entreprise précurseur
À la tête de la filature familiale du Val-des-Bois, près de Reims, Léon Harmel ne se contente pas d’améliorer les conditions de vie de ses ouvriers. Il crée un conseil d’usine, où les ouvriers peuvent faire entendre leurs difficultés et leurs propositions, préfigurant les futurs comités d’entreprise. Il développe également de nombreuses œuvres sociales et expérimente le sursalaire familial, qui participe à l’histoire des dispositifs donnant naissance aux allocations familiales. Son intuition est forte : le bien de l’ouvrier doit être recherché plus que pour lui, avec lui.
L’histoire d’une proximité avec la doctrine sociale de l’Eglise
Léon Harmel cherche aussi à faire dialoguer patrons, ouvriers et Église. Ses pèlerinages à Rome permettront à Léon XIII d’entendre directement à travers son expérience les préoccupations du monde du travail. Cette action contribue à nourrir la réflexion qui aboutira à Rerum novarum, en 1891. Léon Harmel apparaît ainsi comme un catalyseur entre expérience et réflexion, un médiateur dont les initiatives concrètes vont éclairer la naissance de la doctrine sociale de l’Église.
Le message de cet ouvrage fait par ailleurs particulièrement écho au voyage de Léon XIV en France. À Metz, sous le signe de la paix et de l’unité, le Pape a appelé à des « efforts créateurs » et à des réalisations concrètes pour faire grandir une solidarité effective. Quelques semaines auparavant, à Rimini, il avait également insisté sur la rencontre, le dialogue et la fraternité. Ces paroles font écho à l’action de Léon Harmel : comment passer des convictions aux actes ? Comment créer, dans l’entreprise et dans la société, les conditions d’une solidarité réelle ?

Un prix au service d’une mémoire vivante
La remise du Prix a été marquée par l’émotion d’Émeric Saucourt-Harmel et la présence de nombreux descendants de Léon Harmel. En recevant cette distinction, l’auteur a lancé un appel à faire connaître la fécondité de l’œuvre de son aïeul et de contribuer à la cause de sa béatification. Il a également souligné combien les écrits et l’exemple de Léon Harmel peuvent aujourd’hui constituer un soutien précieux pour ceux qui traversent des difficultés dans l’exercice de leurs responsabilités en entreprise. Cette convergence entre histoire, témoignage et actualité aura heureusement décidé le jury du Prix de primer cet ouvrage.

Le Prix de l’Académie d’Éducation et d’Études Sociales est décerné depuis 2023 dans la continuité du Prix Humanisme chrétien qui était attribué par l’Académie depuis 2004. Il a pour objectif de distinguer et de promouvoir un livre ou une œuvre fondé sur l’anthropologie chrétienne et ouvrant des pistes novatrices de réflexion ou d’action en matière éducative comme dans les divers domaines de la vie économique et sociale.


